Depuis plusieurs années, l’accessibilité numérique occupe légitimement une place centrale dans la conception d’un site internet, permettant de rendre les contenus et services numériques compréhensibles et utilisables par les personnes en situation de handicap.
La totale conformité au Référentiel général d’amélioration de l’accessibilité (version 4.1.2) et la publication d’une déclaration d’accessibilité sont aujourd’hui une obligation légale et surtout la garantie de mettre en ligne un site accessible.
Mais qu’en est-il des outils de surcouche, dont la présence s’intensifie depuis plusieurs années ?
Vous avez sûrement constaté la présence de ces « boutons d’accessibilité », majoritairement représentés par une icône en forme d’œil présente en footer ou en bandeau du haut de nombreux sites internet.
Qu’est-ce qu’un outil de surcouche ?
Aussi appelés « accessibility overlays » en anglais, ces outils sont des applications qui s’intègrent sur un site existant, permettant d’en modifier l’affichage selon les paramètres sélectionnés par l’utilisateur.
Exemple d’affichage d’un outil de surcouche
Comment se positionne la Commission européenne ?
La Commission européenne s’est prononcée sur ces outils de surcouche et widgets d’accessibilité dans un article en anglais. Elle y relève plusieurs points importants :
- La détection automatisée de problèmes d’accessibilité ne couvre au maximum que 30% des critères d’accessibilité des normes internationales (transcrites en France dans le Référentiel général d’amélioration d’accessibilité, RGAA). Par conséquent, aucun outil ne peut prétendre corriger automatiquement plus que ce pourcentage — d’autant plus que la correction automatique est beaucoup plus complexe que la simple détection des problèmes d’accessibilité ;
- Dans certains cas, les outils de surcouche interfèrent avec les technologies d’assistance utilisées par les personnes handicapées : ils nuisent alors à l’accessibilité des sites web ;
- Les outils qui permettent aux utilisateurs d’adapter les sites selon leurs besoins ou préférences supposent que ces sites soient déjà un minimum accessibles ;
- Aucun de ces outils ne peut se substituer à la prise en compte de l’accessibilité dans la conception des sites.
La Commission européenne n’approuve pas (« cannot endorse ») ces outils.
Que faut-il retenir ?
Ces outils de surcouche peuvent, dans certains cas, apporter un confort de navigation, mais ils ne permettent en aucun cas de rendre un site accessible ni de respecter la législation française en vigueur.
L’accessibilité doit être prise en compte lors de la conception du site, puis tout au long de sa vie. Le respect de la législation française relative à l’accessibilité numérique — la conformité au RGAA — s’obtient de la même façon.
L’État se positionne ! Je consulte l’article officiel
Design Gouv — publié le 18 décembre 2023